Questions fréquentes sur les câbles S/PDIF
Un câble S/PDIF numérique peut-il vraiment influencer le son ?
Le S/PDIF transporte des bits, mais la qualité de l'horloge récupérée par le récepteur dépend de la forme d'onde reçue. Un câble mal adapté en impédance ou trop long augmente le jitter, qui peut dégrader la conversion numérique vers analogique. Sur une liaison courte et correctement adaptée (75 ohms), l'effet est en général négligeable. Le cas le plus courant où un câble change vraiment le son est électrique : un coaxial relie les masses des appareils et peut créer une boucle de masse (ronflement), que l'optique ou un transformateur d'isolement supprime. L'outil chiffre le jitter et les pertes de chaque câble ; la boucle de masse n'est pas modélisée.
Qu'est-ce que le jitter et pourquoi est-il important ?
Le jitter est l'écart des instants de transition du signal par rapport à une horloge parfaite. Le récepteur reconstruit son horloge à partir de ces transitions, à travers une PLL qui en atténue la partie rapide. Le plus bas seuil moyen publié est de 10 ns RMS (moyennes individuelles d'environ 7,5 à 13 ns), pour un sinus de 20 kHz à pleine échelle avec un jitter à 17 kHz (Benjamin et Gannon, 1998) ; avec un jitter aléatoire sur de la musique, aucun des 23 auditeurs d'Ashihara et al. (2005) ne le détectait à 250 ns.
Qu'est-ce qu'un diagramme de l'œil et comment le lire ?
Le diagramme de l'œil superpose toutes les transitions du signal sur une seule période. Plus l'« œil » central est ouvert, meilleur est le signal. L'ouverture verticale mesure la marge de bruit (distance au seuil de décision, la ligne verte), l'ouverture horizontale mesure la marge de jitter (stabilité des instants de transition). À gauche, le Belden 1694A sur 40 m garde un œil grand ouvert : le récepteur distingue sans ambiguïté les 0 et les 1. À droite, le câble RCA non normé du simulateur sur 40 m : les pertes et le bruit capté referment l'œil et des erreurs apparaissent. Sur 2 m, il garde un œil grand ouvert.
Quelle longueur de câble coaxial faut-il choisir pour le Spdif ?
Avec un câble 75 ohms entre une sortie et une entrée à 75 ohms, il n'y a pas d'écho : la longueur n'est limitée que par les pertes et le bruit, au-delà de 100 m pour un bon coaxial. Avec un câble désadapté, comme un RCA non normé, l'écho revient 2L/v après chaque front. Tant que ce retard reste plus court qu'une cellule du codage (une quinzaine à une vingtaine de mètres à 44,1 kHz selon le câble), il retarde presque tous les fronts de la même quantité ; au-delà, il ajoute un jitter qui dépend des données. Il n'existe pas de longueur « magique » : à câble égal, plus court reste préférable.
Coaxial (RCA, BNC) ou optique (TOSLINK) : lequel est meilleur pour le Spdif ?
Le coaxial relie les masses des appareils (boucle de masse possible) et subit des échos s'il n'est pas à 75 ohms ; un bon câble porte au-delà de 100 m. L'optique isole galvaniquement les appareils et supprime la boucle passant par ce câble, au prix d'une portée courte (0,2 à 5 m pour la paire de modules Toshiba TOTX147/TORX147) et du jitter propre aux modules, non modélisé : le simulateur affiche un œil optique idéal. L'outil simule les deux familles.
Quelle est la connexion Spdif la plus fiable ?
Pour la fiabilité du signal, la connexion coaxiale 75 ohms sur BNC est la plus robuste : faible atténuation sur la longueur et impédance bien maîtrisée. Le RCA convient aussi : ses prises ne sont pas à 75 ohms, mais elles mesurent quelques centimètres, trop peu pour réfléchir une part notable des fronts (moins de 1 % pour des fronts de 20 ns, jusqu'à 2 % environ pour des fronts de 5 ns). L'optique TOSLINK devient le choix le plus sûr en présence de boucles de masse ou d'un environnement électriquement perturbé, grâce à son isolation galvanique, mais sa portée dépend des modules (quelques mètres pour les modules audio courants). Il n'y a donc pas de gagnant universel : l'outil compare ces cas chiffres à l'appui.
Peut-on utiliser un câble RCA audio classique en coaxial numérique ?
Il fonctionne sur quelques mètres, mais ce n'est pas le bon câble. Un RCA audio courant a une impédance mal définie, souvent loin de 75 ohms (environ 42 ohms pour le câble « spaghetti » du simulateur). Le désaccord crée des réflexions qui déforment les fronts et ajoutent du jitter : l'effet reste faible sur une courte longueur et grandit avec la distance. Un vrai câble 75 ohms, vidéo ou coaxial numérique, coûte à peine plus cher.
Un câble coaxial numérique cher sonne-t-il mieux qu'un câble à 10 € ?
Pas si les deux respectent les 75 ohms. Sur 10 m, un Belden 1694A décale les fronts d'environ 0,05 ns crête à crête (sans bruit ; 0,014 ns RMS avec le bruit simulé d'un salon), des centaines à des milliers de fois moins que les seuils d'audibilité publiés. Nous n'avons trouvé aucune étude à comité de lecture comparant en aveugle deux câbles S/PDIF ; les essais voisins ne montrent rien d'audible à ces niveaux : les seuils de jitter mesurés sont des centaines de fois plus hauts, deux sources CD ne se distinguent pas globalement (Stereophile juge le résultat ambigu) et un câble Ethernet n'est pas reconnu par 6 personnes sur 7 (test sommaire, jugé peu probant par son auteur). Le prix peut payer une meilleure tenue mécanique ou un meilleur blindage, pas un meilleur son.
Quelle différence entre S/PDIF et AES/EBU ?
Ce sont deux variantes du même format de trame. Le S/PDIF (IEC 60958, grand public) passe par un coaxial 75 ohms asymétrique à environ 0,5 V, ou par fibre optique. L'AES/EBU (AES3, professionnel) utilise une paire symétrique 110 ohms avec prise XLR et un niveau de 2 à 7 V, ce qui lui permet de parcourir de plus longues distances en milieu perturbé. Les informations de statut de canal diffèrent aussi.
Qu'est-ce que le couplage AC et le baseline wander ?
Presque toutes les sorties S/PDIF passent par un transformateur ou un condensateur qui bloque le courant continu, formant un filtre passe-haut dont la coupure se situe en général entre 2 et 20 kHz. Les préambules de trame restent sans composante continue, mais leur palier de trois cellules, plus long que tout palier des données, déplace le niveau de base à chaque sous-trame (baseline wander), avec une part qui dépend des données. Comme le récepteur compare à un seuil fixe, ce déplacement décale les détections et crée un jitter lié aux données. L'outil le simule en option, avec une fréquence de coupure réglable.
À quoi sert la matrice de sensibilité ?
La matrice de sensibilité quantifie l'influence relative de chaque paramètre physique (longueur, impédance, vitesse de propagation, atténuation, blindage) sur chaque métrique de qualité (jitter, CER, ouverture de l'œil). Elle révèle d'un coup d'œil le facteur limitant d'un câble donné, pour savoir sur quoi agir en priorité.
Belden 1694A
RCA "spaghetti" non normé
L’écho de désadaptation parcourt trois fois le câble (vers la charge, retour, puis à nouveau vers la charge) et suit donc le front direct de 2L/v. Au-delà de L0 = v·Tcell/2 (2L/v plus long qu’une cellule BMC), il ajoute un jitter dépendant des données. En dessous, il retarde presque tous les fronts de la même quantité ; sur une ligne à pertes, il recopie une partie de l’ISI.
S/PDIF standard : Z source = Z charge = 75 Ω.
Résultats de l'analyse
Diagrammes
Comparaison formes d'onde
Cliquez Comparer les câbles pour générer les courbes
Bits décodés
Bits décodés s'afficheront lors de la sélection d'un récepteur PLL
Diagramme de l'œil
Diagramme de l'œil
Distribution jitter
Distribution jitter